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Nanda : “Je me définis comme une Artiviste”

Nanda : “Je me définis comme une Artiviste”

Rencontrée au détour d’un séjour à Libreville, la slameuse gabonaise Naelle Sandra Nanda dit « Nanda » nous donne une interview sur sa perception de la relation entre la France et le Gabon.

Nanda, c’est avant tout une passion pour le « slam »

Cette passion me vient de l’amour que j’ai pour les mots. J’ai toujours aimé les mots et aimé écrire du moins depuis le lycée. Plus exactement, c’est au travers d’un film intitulé « Slam » joué par l’acteur et poète Saul Williams que j’ai découvert cet art et ça été le coup de foudre.

Le slam, permet-il de créer un lien social, si oui, comment ?

Je pense qu’en tant qu’art de la parole et du partage, le slam permet la rencontre avec soi-même, mais aussi avec les autres. C’est un moment de partage, la plupart du temps sur une scène ou encore en atelier. Il favorise des moments pour s’entendre dans une société où on s’écoute peu.

Nanda, une voix pour l’alternance démocratique

Je me définis comme une Artiviste et je me bats pour la restauration de la dignité humaine, pour le changement positif et l’alternance démocratique dans nos pays. Membre de Tournons la Page (mouvement citoyen qui milite pour l’alternance démocratique en Afrique), on interpelle certes la France, mais surtout les citoyens. Dans le cas du Gabon, la France à son mot à dire. Elle doit cesser de donner quitus à des présidents mal élus. Je pense que le jour où les peuples d’Afrique auront compris que le pouvoir leur appartient, les choses changeront.

«Déséquilibrée et profits» deux mots selon vous pour qualifier la relation France-Gabon

La nature de cette relation entre la France et le Gabon est déséquilibrée, on ne se parle pas d’égal à égal. Le Gabon est dans un mimétisme face à la France, il cherche son approbation pour décider. Lorsqu’un citoyen gabonais se rend en France par exemple, on parle d’intégration. A l’inverse, ce n’est pas le cas pour un Français. 

On sait bien que la France essaye de profiter au maximum des terres et richesses de ses anciennes colonies. Les Africains ne tirent pas profit à part égale de la France. Cela est perceptible en comparant les colonies françaises à celles anglophones, on peut apprécier des écarts de développement.

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