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Faut-il rétablir la peine de mort au Gabon ?

Le samedi 6 janvier 2024, dans le quartier Montagne Sainte du 2e arrondissement de la commune de Franceville, un événement choquant s'est produit. Quatre membres d’une même famille ont été décapités par Yannick Noah Belingui, âgé de 37 ans, présumé coupable de cet acte de violence.

Faut-il rétablir la peine de mort au Gabon ?

La scène parait surréaliste dans ce quartier de Franceville. La découverte macabre des corps, dont deux autres ont été retrouvés, enterrés sous les feuillages, est digne d’un film d’horreur. Sur la toile, les avis divergent et la famille des défunts exige la peine de mort pour rétablir la justice.

Dans sa parution datée du 19 juillet 1979, le quotidien national « L’Union », revenait sur l’exécution de Jean Baptiste Medang-Ovono et de Pierre Mouemba auteurs de plusieurs assassinats et meurtres. Il s’agissait de la première exécution par arme à feu (principe de la peine de mort), codifiée dans le Code pénal de 1963. Depuis, le pays n’a enregistré que 6 exécutions, avant l’abolition de cette peine avec la loi N°3/2010 du 15 février 2010. Sur le terrain, les actes et crimes auxquels on a rajouté le qualificatif de « rituels » ne cessent de prendre de l’ampleur. Dans une société où le seul moyen de prévention et défense reste la voie judiciaire, le cas de Rinaldi Abagha, garçonnet de 3 ans porté disparu depuis janvier 2020 au village Abé-Eba (Bitam), qui demeure jusqu’à ce jour introuvable, révèle les insuffisances de l’appareil judiciaire alimentant ainsi le recours à la justice populaire.

L’événement tragique de Franceville soulève une question importante : faut-il rétablir la peine de mort au Gabon ? Les crimes commis dans cette affaire sont d’une extrême gravité, et la société gabonaise se trouve confrontée à un acte de violence inouïe. Comment concilier la sécurité et la justice avec le rétablissement ou non de la peine de mort, une interrogation complexe qui soulève des questions éthiques, morales et légales.

En dépit du dynamisme affiché par les forces de l’ordre et par les services de renseignements réputés pour leur efficacité, l’interpellation des indélicats et leur contre récit semblent ne plus convaincre les familles des victimes, qui appellent à appliquer la loi du talion, formulée en ces termes « …Œil pour œil, dent pour dent.»

La période actuelle de Transition que traverse le Gabon depuis la prise de pouvoir par les militaires, devrait elle aussi permettre de lever le verrou sur certaines affaires criminelles afin de garantir la justice pour tous. Les prochains actes du CTRI nous le confirmeront.

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